Le Pape dénonce la rigidité de l’Église.

Le pape François a mis en garde samedi contre la «rigidité» dans la manière de vivre sa foi chrétienne qui crée, selon lui, un «champ de mines» de haine et d’incompréhension dans un monde où le christianisme est de moins en moins influent.

François a appelé les fonctionnaires du Vatican à s’ouvrir plutôt au changement lorsqu’il a adressé ses vœux de Noël aux cardinaux, aux évêques et aux prêtres qui oeuvrent au Saint-Siège.

Le message du pape semblait destiné aux catholiques conservateurs et traditionalistes, y compris ceux de la Curie du Vatican, dont l’opposition se fait de plus en plus entendre face à sa papauté progressiste. Leurs critiques se sont multipliées au cours de la dernière année, marquée par des scandales financiers et d’abus sexuels au Vatican. Des gestes qui ont peut-être précédé la nomination de François, mais qui viennent d’être mis au jour.

François a rappelé à la réalité les hommes d’Église présents à la Sala Clementina du Palais apostolique, reconnaissant que le christianisme ne détenait plus le pouvoir et l’influence sur la société qu’il exerçait autrefois.

Il a cité le défunt cardinal Carlo Maria Martini, l’un des leaders de l’aile progressiste de l’Église catholique, qui, dans son dernier entretien avant de mourir en 2012, a déploré que l’Église soit «200 ans en retard» en raison de sa peur innée du changement.

«Aujourd’hui, nous ne sommes plus les seuls à produire de la culture, plus les premiers entendus ni les plus écoutés, a déclaré François aux prélats. La foi en Europe et dans une grande partie de l’Occident n’est plus une présomption évidente, mais plutôt souvent niée, marginalisée et ridiculisée.»

Ici, nous devons nous méfier de la tentation d’adopter une vision rigide. La rigidité qui naît de la peur du changement et qui finit par disséminer des obstacles et des pièges sur le terrain du bien commun, en le transformant en un champ de mines d’incompréhension et de haine.pape François

En conséquence, il a exhorté la hiérarchie catholique à adopter les réformes pastorales et les perspectives nécessaires pour rendre l’Église attrayante afin qu’elle puisse remplir sa mission de répandre la foi.

«Ici, nous devons nous méfier de la tentation d’adopter une vision rigide, a déclaré François. La rigidité qui naît de la peur du changement et qui finit par disséminer des obstacles et des pièges sur le terrain du bien commun, en le transformant en un champ de mines d’incompréhension et de haine.»

Il a rappelé, comme il l’a déjà affirmé par le passé, que les personnes qui adoptent des positions rigides le font généralement pour masquer leurs propres problèmes, scandales ou «déséquilibres».

«La rigidité et le déséquilibre s’alimentent dans un cercle vicieux, a-t-il poursuivi. Et ces jours-ci, la tentation de la rigidité est devenue si évidente.»

Les catholiques traditionalistes ont dénoncé l’accent que met le pape François sur la miséricorde et l’ouverture à une marge de manœuvre doctrinale sur des questions telles que les sacrements pour les catholiques divorcés et remariés civilement. Ils ont également vivement critiqué son récent synode en Amazonie, qui appelait à l’ordination d’hommes mariés en tant que prêtres. Ils lui ont aussi reproché ce qu’ils considéraient comme le culte païen d’une statue amazonienne de femme enceinte présentée lors de la rencontre.

François a défendu sa vision et ses priorités en tant que reflet de l’Évangile et de l’axiome selon lequel la vraie tradition de l’Église est celle d’un chemin de changement continu et distinct.

«La tradition n’est pas statique, elle est dynamique», a-t-il renchéri samedi.

Dans un signe tangible de changement, François a publié samedi un nouveau décret limitant la durée du mandat du doyen du Collège des cardinaux, un poste influent qui était auparavant détenu à vie. Le pape a accepté la démission de l’actuel doyen, le cardinal Angelo Sodano, et a décrété qu’à l’avenir, le futur cardinal supérieur n’aurait qu’un mandat renouvelable de cinq ans.

Angelo Sodano a été le puissant secrétaire d’État de Saint-Jean-Paul II et a été blâmé en partie pour le refus du Vatican de réprimer les prêtres pédophiles, y compris le tristement célèbre révérend Marcial Maciel. Âgé de 92 ans, Sodano a continué d’exercer son influence en coulisses sous les deux papes qui ont suivi, agissant plus récemment comme une sorte de mentor pour l’opposition conservatrice.

En tant que doyen, il a offert ses derniers voeux de Noël à François samedi.

La liberté des enfants de Dieu

Depuis toujours, la liberté est un mot magique. Souvent nous pensons que ce sont les circonstances que la société, les autres, la santé, la famille ou le travail nous imposent qui limitent notre liberté. Mais il n’y a qu’apparence de liberté, quand on fait ce qu’on veut, comme on veut et quand on veut.

Nos diverses expériences nous montrent clairement que l’absence de contraintes extérieures ne suffit pas à faire de nous des êtres vraiment libres. Bien souvent, notre manière de vivre et de prendre nos décisions est influencée par nos diverses peurs (d’être rejeté, blâmé, critiqué, incompris, de l’inconnu…) et par nos différents besoins (d’être aimé, reconnu, valorisé, d’indépendance, de contrôle…). Nous ne sommes pas aussi libres que nous le proclamons. Et de toutes les formes de liberté, la plus difficile à construire, et à renouveler sans cesse, est la liberté intérieure qui est le fruit d’un travail long, lucide et constant sur nous-mêmes.

La liberté intérieure, c’est la capacité d’écrire notre propre histoire de vie, en prenant des décisions personnelles qui nous transforment de l’intérieur et qui nous acheminent vers la capacité d’aimer toujours davantage. Elle nous fait reconnaître la présence libératrice de Dieu dans toutes les dimensions de notre vie. Le message que la Bible nous livre est celui de « la liberté glorieuse des enfants de Dieu » (Rm 8, 21).

Jésus est la seule personne vraiment libre qui n’ait jamais vécu. Il a eu à prendre des décisions dans ses diverses relations, par exemple avec les apôtres, la foule, les pharisiens et même avec sa mère. Il a connu, lui aussi, bien des difficultés et des contraintes tout au long de son existence terrestre. Mais il est resté libre intérieurement pour demeurer dans le projet de son Père, malgré les oppositions qui l’entouraient.

Jésus est un homme libre et libérateur qui nous appelle à vivre de cette même liberté des enfants de Dieu. C’est pourquoi l’Évangile est le véritable éducateur de notre liberté intérieure.

Devenir de plus en plus libres nous rappelle que c’est dans notre vie de tous les jours, dans nos relations concrètes aux personnes, aux choses et aux événements que se vit notre capacité de vivre en enfants de Dieu. C’est jour après jour qu’il faut exercer notre liberté intérieure pour devenir de plus en plus libres à la manière de Jésus.

Lucille Madore

Synode sur l’Amazonie

Scandale au Vatican : lors du Synode sur l’Amazonie qui s’est clos dimanche et qui se penchait, entre autres, sur la crise environnementale, des statues traditionnelles incas symbolisant la Terre-Mère furent présentées au pape et intégrées à des temps de prière.

Quelques jours après leur exposition, elles furent volées d’une église de Rome puis jetées dans le Tibre. Ce qui a entraîné le pape François à demander pardon aux peuples amazoniens pour ce brigandage méprisant envers leur culture.

Quel sens donner à ce mélodrame autour de figurines de bois à l’effigie d’une femme enceinte ? Le vrai scandale réside-t-il dans leur ostension ou dans leur pillage ?

Les milieux conservateurs ont violemment dénoncé la présence de cette « idole païenne » au cœur même du Vatican. Certains d’entre eux y ont même vu la preuve décisive que le pape et son entourage seraient sous la coupe de Satan, poussant l’Église à blasphémer contre le tout premier des Dix Commandements, qui stipule de ne pas adorer d’autre dieu, donc de ne pas se prosterner devant des idoles.

Conséquemment, pour ces traditionalistes, le saccage des artefacts amazoniens a constitué un geste à la fois héroïque et prophétique, à l’image de Jésus chassant les marchands du temple. Sans compter que l’incident semble tomber du ciel pour tous ceux qui cherchent à discréditer le synode et son ordre du jour résolument progressiste.

Les organisateurs de l’événement, quant à eux, rendent un son de cloche différent : il ne s’agissait évidemment pas de vénérer les statuettes comme si elles étaient Dieu. Ni d’insinuer que la « Pachamama », du nom andin des statuettes, équivaut plus ou moins à la Vierge Marie. Formuler cette accusation est même grotesque au possible.

Il s’agissait plutôt d’honorer le souci millénaire des peuples de l’Amazonie pour la vie et la nature. C’était un geste d’accueil envers une culture somme toute étrangère pour l’Église romaine.

Mais était-ce maladroit dans un contexte où l’Église est traversée de profondes polarisations ? Peut-être.

Toutefois, quand l’on sait à quel point l’Église s’est faite impérialiste avec les cultures non européennes pendant des siècles et des siècles, une initiative un peu osée n’était pas de trop pour envoyer le message que cette époque touche à sa fin. Que l’Église est enfin prête à être véritablement catholique, c’est-à-dire riche des expressions et des vécus de foi chrétienne de partout sur la planète.

Par ailleurs, l’accusation d’idolâtrie paraît d’autant plus malvenue que les participants au synode cherchaient justement à dégager l’Église de ce penchant.

Car qu’est-ce que l’idolâtrie, au fond ? C’est mettre une autre réalité à la place de Dieu. C’est chérir de manière absolue quelque chose qui n’est pas l’absolu. C’est avoir le cœur à la mauvaise place : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 21).

Et Dieu n’est pas seul à savoir à quel point l’Église est en train de s’éveiller d’une longue période « d’autolâtrie », d’idolâtrie d’elle-même. De longs siècles à confondre – pas toujours, mais régulièrement – ses propres intérêts institutionnels avec les intérêts de Dieu.

Elle en émerge enfin, malgré d’énormes résistances au changement.

Le Synode sur l’Amazonie, dont le document final entrouvre (timidement) la porte à l’ordination presbytérale d’hommes mariés, à l’ordination diaconale de femmes et à une plus grande flexibilité en matière d’adaptation culturelle de la liturgie, a réellement redirigé le regard de l’Église en périphérie de son nombril romain.

La prochaine étape se jouera en Allemagne. L’Église de ce pays entreprendra bientôt une consultation mêlant laïques et clergé, qui risque fort de déboucher sur de petites révolutions en termes de structure et de discipline.

Puisque le Vatican ne voit pas d’un bon œil qu’une Église particulière prenne l’initiative à sa place, on peut s’attendre à des flammèches. Mais des flammèches ne sont-elles pas nécessaires si l’on veut mettre le feu aux idoles ?

Catholiques divorcés et accès aux sacrements

Dans certaines circonstances et après avoir longuement prié et procédé à un examen de conscience, certains catholiques divorcés et civilement remariés pourront désormais avoir accès aux sacrements, ont annoncé les évêques de Malte.

Les évêques ont précisé qu’avec «une conscience informée et éclairée», une personne séparée ou divorcée engagée dans une nouvelle relation conjugale, capable de «reconnaître et croire qu’il ou elle est en paix avec Dieu», «ne peut être empêchée de participer aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie».

POUR PLUS D’INFOS

http://presence-info.ca/article/culture/a-malte-certains-divorces-remaries-auront-acces-aux-sacrements